Le Rêve de Léo

C’est avec un grand plaisir que j’ai accepté de faire la préface du livre de Pierre-Antoine Bourquin, Le Rêve de Léo, ouvrage que j’ai lu avec un réel enchantement, à la fois avec le regard intéressé du psychologue et l’émerveillement d’un enfant.

Bien que que non explicitement psychologique, ce texte nous présente avec beaucoup de sensibilité l’oeuvre humaniste de grands psychologues.

En effet, tous les ingrédients de l’Approche Centrée sur la Personne (ACP) du psychologue Carl Rogers et du Focusing d’Eugen Gendlin y sont métaphoriquement présents et se glissent subtilement dans ce récit où tous les événements se développent organiquement, poussés par cette tendance actualisante dont parle précisément Rogerds.

Certes la forme n’est pas académique, mais quelle richesse et quelle créativité.

Oui, créativité, avec une certaine note d’humour, même, par exemple en réunissant par un subtil jeu de mot les noms de Rogers et Gendlin montrant par là leur indissociable complémentarité. Belle oeuvre de créativité aussi que de transformer l’ACP et « Arroser Consciemment avec Précision », révélant par là la vision organique et l’idée de croissance chères à Rogers.

Et belle oeuvre de créativité surtout en suscitant l’émerveillement chez le lecteur entraîné dans ce conte, véritable récit initiatique empreint de sagesse, de beauté et de vie.

En effet, comment faire apparaître le vivant que recèle l’ACP-Focusing? Je trouve que l’auteur y est parvenu, non pas en nous faisant penser à ce qu’est l’ACP-Focusing, mais en nous amenant à sentir poétiquement ce qu’est l’ACP-Focusing

A ce sujet, je pense à Edgar Morin qui nous rappelle que nous avons à notre disposition, deux types de langage

Le langage prosaïque qui se veut rationnel, logique et essaye d’objectiver ce que l’on vit.

Et nous avons aussi à notre disposition une forme de langage qui utilise plutôt l’imaginaire, les images, les métaphores, c’est-à-dire le « halo de de signification » qui entoure chaque mot, chaque expérience et essaye de nous faire toucher l’essence de la subjectivité, langage qu’il qualifie de poétique. La poésie, comme le conte, trouve sa source dans la vie et dans l’émerveillement qu’elle suscite.

Comme nous le montre l’auteur, c’est de cette manière que procède Léo. Ainsi, s’interrogeant sur ce fameux livre qui le conduira à son grand-père, il porte son attention sur ce quelque chose de flou, de vague qu’il sent en lui et qui est chargé de significations qui se révèlent très utiles pour l’avenir. Belle illustration de ce que Gendlin appelle le Focusing.

Tout est question de regard nous dit la fée du récit. Un regards magique, un regard qui transforme, un regard bienveillant qui nous fait mutuellement exister et qui révèle la beauté de chacun d’entre nous. Un regard fascinant qui a la capacité de tout rendre vivant.

Et nous sentant vivant, nous comprenons l’existence.

La véritable compréhension n’est donc pas qu’affaire d’intelligence abstraite, opératoire.

Il n’y a pas de véritable compréhension s’il n’y a pas de sensibilité, de beauté et d’amour.

Il n’y a pas d’authentique connaissance s’il n’y a pas de vie et d’émerveillement.

« Emerveille-toi et tu comprendras » nous dit Hésychius, ce sage chrétien du XIIe siècle.

Je souhaite que les lecteurs, comme moi, plongés dans la lecture de ce conte, se laisseront entraîner par ce mouvement vivant de l’aventure du jeune Léo, mouvement vivant qui n’est autre que ce processus vivant qui est en nous si nuos savons être présent à ce qui nous anime.

Gérard Lamboy
Docteur en psychologie

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Le Rêve de Léo est un conte de Pierre-Antoine Bourquin qui aborde de façon poétique et métaphorique l'ACP-Focusing.

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